La mobilisation de la section autour des campagnes thématiques s’inscrit dans des durées définies. Elle se fait sur des questions des droits humains pour lesquelles le mouvement entend pouvoir apporter des améliorations.

La section togolaise d’Amnesty International participe donc aux actions selon sa spécificité mais autour d’une stratégie commune.

Depuis 2008, Amnesty International-Togo travaille sur sept thématiques majeures :

lutter contre la torture, lutter contre la prolifération des armes légères, lutter contre la peine de mort au Togo et en Afrique de l’Ouest, mettre fin à l’impunité, préparer la section au lancement de la campagne dignité humaine de 2009, travailler sur les programmes d’action pays (PAP) et sur les pays en crise, célébrer les 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme  (DUDH)

Lutter contre la torture

La torture étant un traitement cruel inhumain et dégradant à l’endroit d’un individu en vue d’obtenir de ce dernier des aveux ou des informations jugés utile au tortionnaire.

Proscrite par le droit international, la torture regagne du terrain notamment à la faveur des mesures liées à la lutte contre le terrorisme. Autour de cette thématique, AI-Togo reste plus que jamais vigilant pour dénoncer ces pratiques où qu’elles se produisent et la section togolaise oeuvrent, pour sa part, à la suppression de cet acte par des émissions radio, des envois de courriers aux autorités des pays pour des cas d’appels urgents et appels mondiaux signalés dans les Fils D’AI. Ces Fils D’AI sont des créneaux à travers lesquels le mouvement signale des violations des droits humains commis par les autorités de certains à l’endroit de leurs citoyens. La section, par ses membres actifs réunis dans des groupes locaux et sympathisants, réagit en rédigeant des lettres qu’ils envoient aux autorités pour que cessent ces violations.

Sur le plan national, la section togolaise d’Amnesty International mène des discussions avec le ministre des droits de l’homme sur plusieurs questions relatives au sujet de la thématique de la torture notamment :

  • l’harmonisation de la législation  sur la torture qui a pour résultats l’introduction de la torture dans le code de procédure pénale,

  • la formation des forces de défense et de la sécurité sur les droits de l’homme liés aux élections.

  • le projet de construction des prisons avec l’appui de l’UE en cours d’étude dans le cadre du programme de modernisation de la justice. Eu égard du trafic des enfants, une loi a été prise au Parlement pour lutter contre ce fléau.

  • La section n’était pas restée silencieux face au cas de l’ancien président centrafricain Ange Félix PATASSE, accusé d’avoir commis de graves violations des droits humains lorsqu’il était au pouvoir. A ce sujet, la section a noté que malgré des efforts déployés pour que PATASSE puisse comparaître devant les juridictions internationales, la Centrafrique n’a pas demandé son extradition et la Cour Pénale Internationale (CPI) n’a pas inculpé non plus PATASSE, donc le Togo ne peut rien faire.

  • Malgré les différentes rencontres tenues sur l’adhésion du Togo aux statuts de Rome, la position du Togo n’a pas évoluée. Les accords secrets que les Etats-Unis ont signés avec certains pays africains concernant l’extradition des ressortissants américains à la CPI bloquent l’avancée du dossier.

Lutter contre la prolifération des armes légères

Au sujet de cette thématique, la section envoie des lettres à la commission nationales de lutte contre la prolifération des armes légères, à la commission du contrôle des armes légères du parlement, aux présidents des groupes parlementaires afin d’avoir des informations sur l’état d’avancement de la mise en œuvre de la convention de la CEDEAO et de demander l’adhésion du Togo à la déclaration pour un traité sur le commerce des armes légères et pour le soutien des parlementaires togolais aux traités de commerce sur les armes légères (TCA).

La section est membre du réseau des associations de lutte contre les armes légères (RENAAL) et mène des actions de lobbying (signature de pétition, sensibilisation, match de football avec les forces armées, projection de film…) à travers ce réseau.

Lutter contre la peine de mort au Togo et en Afrique de l’Ouest

La campagne autour de cette thématique s’effectue à travers des actions de lobbying par l’envoie de courriers aux autorités politiques du Togo et des autres pays de la sous région qui doivent se prononcer en faveur du non recours à la peine de mort contre leurs citoyens. Le Togo, à travers son ministre des affaires étrangères, a reçu une lettre demandant au Togo de soutenir le moratoire mondial sur la peine de mort. De même, des actions de lobbying ont été initiées dans le même sens pour l’adhésion des pays de la CEDEAO au moratoire internationale contre la peine de mort. Des rencontres internationales ont réuni la section togolaise d’Amnesty International, les associations membres de la coalition contre la peine de mort et le secrétariat international d’amnesty international sur la question de la peine de mort au Togo. Il s’est avéré que l’abolition de la peine de mort n’est pas la priorité du gouvernement togolais et de ce fait les confessions religieuses ont été invitées pour apporter leur soutien aux actions futures. Lors de la célébration des journées contre la peine de mort, plusieurs activités allant des audiences aux festivals de film en passant par des émissions radio ont été organisées.

Mettre fin à l’impunité

La question centrale de cette thématique pour la section togolaise d’amnesty international, est la nécessité de voir le Togo adhérer aux Statuts de Rome. La célébration des journées de la justice internationale, les 17 juillet, est une  occasion que la section saisit pour mettre un accent particulier sur l’importance du Togo à adhérer aux statuts de Rome. Ensemble avec ses partenaires, les coalitions dont elle fait parti et les journalistes, AI-Togo envoie au ministre des affaires étrangères des pétitions au sujet du statut de rome. Aussi des kits de plaidoyer sur la Cour Pénale Internationale (CPI) ont-ils été envoyés au ministre des droits de l’homme, à la commission nationale des droits de l’homme (CNDH), au parlement et au haut commissariat aux droits de l’homme bureau de Lomé qui a promis intégré le kit dans son programme d’action contre l’impunité.

Préparer la section au lancement de la campagne dignité humaine de 2009

En vue de préparer la section au lancement de la campagne dignité humaine, des contacts ont été pris avec le ministère des affaires étrangères, la commission nationale des droits de l’homme, le ministère des droits de l’homme et le président de la république pour les exhorter au soutien de la résolution  du conseil des droits de l’homme relative au protocole facultatif et au protocole international relatif aux droits civils et politiques. Une copie du PIDESC (Pacte International relatif aux Droits Economiques Socio-Culturels) a été envoyée au ministère des affaires étrangères sur sa demande. Le ministre des droits de l’homme pour sa part, a confirmé par une note du 08 septembre 2008, l’engagement de l’Etat togolais à soutenir le protocole en question. Ces réactions ministérielles montrent la bonne volonté du gouvernement à respecter les droits inscrits au PIDESC.

Travailler sur les programmes d’action pays (PAP) et sur les pays en crise

Les activités autour de cette thématique sont fondamentalement constituées de collectes de signatures sous forme de pétitions sur la situation des pays en crise. AI-Togo a travaillé dans ce sens, pour ces derniers temps sur la crise au Kenya, sur la situation au Zimbabwe et dans le cadre de la demande de la libération de Patrick OKOROAFOR, la section a été très active pour l’annulation de la  peine de mort prononcée à son endroit.

Des actions urgentes sont aussi menées pour mobiliser de manière quasi immédiate un réseau de membre pour demander sans condition le respect des droits humains lorsque sa violation est dangereusement imminente. La dernière action urgente à laquelle la section à été très vue sur le plan national est la campagne chine dénommée Pékin 2008. Les autorités chinoises ont été invités par un grand nombre d’organisation de défense des droits humains dont AI-Togo pour observer le respect des droits humains du moins lors des jeux olympiques de 2008.

La célébration des 60 ans de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) a été diversement marquée, sur le plan national, par plusieurs activités aux couleurs d’Amnesty International. La section, à travers ses membres au sein des Groupes Locaux (GL) et sympathisants a été visible sur l’ensemble du territoire togolais par diverses actions.